Contrebande de Baltasar Kormakur

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Une très belle photo de Barry Ackroyd qui a beaucoup travaillé avec Ken Loach mais aussi sur des films comme Démineurs ou Green Zone, de longs passages nocturnes, l’histoire d’un contrebandier devant reprendre du service pour aider son neveu, des personnages agissants contre leur gré parce qu’ils sont ligotés par leur passé, le dilemme entre le rapport à la loi et le rapport à la famille, la présence de Mark Wahlberg, on pourrait se croire dans un film de James Gray avec cette volonté de transformer un petit polar en film noir crépusculaire ou s’entrecroisent des personnages au destin tragique.
Sauf que Baltasar Kormakur n’a pas la puissance nécessaire pour ce projet ambitieux, il est loin d’avoir la fluidité du cinéaste de La nuit nous appartient, il n’a pas non plus la précision et l’énergie des cinéastes de la trilogie Jason Bourne qui semble être l’autre modèle écrasant de Contrebande. Le cinéaste confond mise en scène et découpage forcené, aucun plan ne dure plus de dix secondes, même lors d’une simple conversation entre deux personnages dans un moment qui se voudrait calme, il ne peut s’empêcher d’ajouter des inserts sur les mains au classique champ contre champ, il abuse du zoom pour mettre de la tension, il essaie aussi de capter l’action avec une caméra à l’épaule virevoltante sauf que tous ces artifices pour créer du rythme utilisés sans discernement aplanissent tout, créent de l’ennui, essoufflent plutôt qu’ils ne donnent du souffle.
De même l’univers des docks, des entrepôts, le passage au panama, les scènes dans les machineries des bateaux pourraient être propices à construire une ambiance originale, poisseuse, claustrophobe, mais le cinéaste gâche tout, sa façon de filmer les zones portuaires en hélicoptère est assez symptomatique, il montre la majesté d’un lieu par des effets mais il est incapable de les faire vivre, il nous donne à voir mais nous empêche de ressentir.
Les acteurs font le boulot, et les enchevêtrements de l’intrigue permettent de trouver un certain plaisir aux différents rebondissements qui parsèment l’histoire mais l’hésitation de Baltasur Kormakur entre petit film nerveux et grand film ample le fait perdre sur ces deux tableaux et n’aboutit qu’à un film de consommation jetable et sans grand intérêt.
Contrebande (Contraband) de Baltasar Kormaktur, EU, 2012 avec Mark Wahlberg, Kate Beckinsale, Ben Foster…

Un commentaire

  1. Sans intérêt tout court.

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