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	<title>en revenant du cinéma</title>
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	<description>regards croisés sur le cinéma</description>
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		<title>Clip de Maja Milos</title>
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		<pubDate>Thu, 09 May 2013 07:25:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Pic</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma serbe]]></category>
		<category><![CDATA[Coralie Trinh-Thi]]></category>
		<category><![CDATA[Interdit aux moins de 16 ans]]></category>
		<category><![CDATA[Maja milos]]></category>
		<category><![CDATA[sexe explicite]]></category>
		<category><![CDATA[Virginie Despentes]]></category>

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		<description><![CDATA[<p></p>

<strong>Jeunesse sans amour</strong>
<p align="JUSTIFY">Jasna a 16 ans. Elle habite en banlieue de Belgrade avec sa famille. Son oncle installé au Qatar lui a donné un téléphone dernier cri, et elle passe son temps à filmer avec. Le lycée, les copines délurées, les excès en tout genre, son corps aussi, et le garçon qu’elle désire. Bienvenue dans le quotidien d’une adolescente &#8230; <a href="http://enrevenantducinema.fr/2013/05/09/clip-de-maja-milos/" class="read_more">Lire la suite... </a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><!--<br />
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<h2 align="JUSTIFY"><a href="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/05/Clip-2.jpg"><img class=" wp-image-1657 aligncenter" alt="Clip-2" src="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/05/Clip-2.jpg" width="900" height="467" /></a></h2>
<h2 align="JUSTIFY"><strong>Jeunesse sans amour</strong></h2>
<p align="JUSTIFY">Jasna a 16 ans. Elle habite en banlieue de Belgrade avec sa famille. Son oncle installé au Qatar lui a donné un téléphone dernier cri, et elle passe son temps à filmer avec. Le lycée, les copines délurées, les excès en tout genre, son corps aussi, et le garçon qu’elle désire. Bienvenue dans le quotidien d’une adolescente serbe d’aujourd’hui.<br />
Elle ne supporte plus de vivre avec sa famille. Il n’y a que dans sa chambre où elle se sent à peu près libre, les autres pièces de l’appartement étant systématiquement des lieux d’affrontement, avec sa petite sœur ou avec sa mère. Elle déteste tellement être là qu’elle ne peut pas s’empêcher de leur faire payer. Son père à l’agonie s’efforce de prendre le moins de place possible, et elle l’ignore purement et simplement. Avec la cruauté propre à son âge, elle ira même jusqu’à reprocher à sa mère de faire comme si il n’était déjà plus là, alors que c’est elle. Il y a un véritable mur d’incompréhension entre les deux femmes. La mère essaie tant bien que mal de faire face au quotidien qui s’acharne sur sa famille, alors que Jasna rejette tout ce qui l’y ramène.<br />
Au lycée, totalement délabré, il y a les copines, et surtout il y a Djole. Beau comme un dieu, l’adolescent a tout pour plaire : violent, nationaliste, meneur, il passe son temps entre la fête, le foot et les jeux vidéo. Jasna va tout faire pour attirer son attention, jusqu’à ce qu’il accepte enfin qu’elle le suce dans les toilettes du lycée. La séquence est froide, comme toutes celles qui jalonneront ensuite le film. Les deux adolescents s’appliquent à reproduire la sexualité que la société leur montre : il l’humilie parce que c’est ce qu’on attend de lui, elle le laisse faire pour les mêmes raisons. La réalisatrice, qui est passée par la case documentaire, filme leurs ébats sans la moindre pudeur ou velléité artistique. En écho à ce qui nourrit les fantasmes de ses personnages, ces clips amateurs tournés à l’arrache qui pullulent sur la toile. Gros plans, fellation, sodomie, il y en a pour tous les goûts dans cette nouvelle pornographie exclusivement masturbatoire qui a explosé avec internet*. On est frappé par les abîmes qui se dessinent ; ces jeunes font du sexe comme ils boivent, prennent de la drogue ou dansent. Ce sont autant d’exutoires au désespoir, à la misère, à l’absence d’avenir et à la solitude. La Serbie ne s’est jamais complètement remise de la guerre et l’ombre du conflit plane sur tout le film, dans les bâtiments en ruine, dans la scène glaçante de l’orphelinat, dans les excès de Djole. Et le message envoyé par la société capitaliste, notamment à travers les chansons d’une misogynie consternante qui rythment les fêtes du film, accentue encore un peu plus le malaise. La jeunesse serbe est totalement paumée, parce qu’elle ne croit plus en l’amour. Il arrive tout de même que des bribes arrachées à l’enfance remontent à la surface, comme lors de la très belle scène de l’hôpital ou Jasna vient se lover contre son père alité juste après qu’il lui ait dit qu’il l’aime, ou lorsqu’elle regarde des photos de famille avec ses grands-parents. Des moment forcément brefs, parce que dans sa tête, les illusions de l’enfance ont fait place depuis longtemps à la laideur du monde.<br />
La réalisation est particulièrement inspirée, avec ce qu’il faut de distanciation et une belle maîtrise du point de vue qui contraste intelligemment avec les clips filmés par l’adolescente. A aucun moment Maja Milos ne porte de jugement sur ses personnages, c’est clairement la société serbe et la place qui y est réservée aux femmes qu’elle critique. Et si le sujet nous bouscule autant, c’est peut-être parce que chez nous aussi la question mérite d’être posée.<br />
Malheureusement, c’est toujours la même chose : dès qu’un film se retrouve interdit aux moins de 16 ans pour des scènes de sexe non-simulées, vous pouvez être sûr que la presse généraliste ne retiendra que ça. Et encore, <i>Clip</i> s’en sort mieux que d’autres en leurs temps, puisque les habituels grenouilleuses et grenouilleurs de bénitier garants de la bonne morale – la leur, donc –, sans doute surbookés avec le mariage pour tous, ont eu la<strong> </strong>bonne idée de ficher la paix aux neuf salles courageuses qui le programment. Soyons clair, <i>Clip</i> n’est pas un film aimable. Il est rêche, âpre, violent et dérangeant. Mais au delà de tout cela, c’est un sacré bon film.</p>
<p align="JUSTIFY">* <em>Dans </em>Baise-moi<em> de Virginie Despentes et Coralie Trinh-Thi « sorti » en 2000, le filmage des scène de sexe empruntait beaucoup à la pornographie de l’époque – qui était essentiellement diffusée en VHS et DVD. En revoyant le film aujourd’hui, on ne peut s’empêcher de constater un certain soucis d’esthétisme et de chaleur dans les choix de cadre, la représentation des corps et de l’acte sexuel, sans doute de manière inconsciente. Pour </em>Clip, <em>la réalisatrice a clairement choisi une (non-)esthétique qui fait écho au porno en vogue de nos jours.</em></p>
<p><strong><i>Clip</i></strong><strong>, de Maja Milos, Serbie, 2011 avec Isidora Simijonovic, Vukasin Jasnic</strong></p>
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		<title>Sous surveillance de Robert Redford</title>
		<link>http://enrevenantducinema.fr/2013/05/08/sous-surveillance-de-robert-redford/</link>
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		<pubDate>Wed, 08 May 2013 00:01:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Madamour</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma états-unien]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Redford]]></category>
		<category><![CDATA[Shia LaBeouf]]></category>
		<category><![CDATA[Susans Sarandon]]></category>

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		<description><![CDATA[<strong>Si loin de la révolution</strong>
<p style="text-align: justify">Sous surveillance (les traducteurs ne se sont pas foulés) est dans la continuité d&#8217;un certain cinéma mêlant intrigue policière et discours politique, le cinéma d&#8217;un Pollack, d&#8217;un Lumet des années 70-80. Rien n&#8217;a vraiment bougé, rien n&#8217;a vraiment changé. On retrouve ce personnage de jeune journaliste malin qui en cherchant la vérité va s&#8217;ouvrir au &#8230; <a href="http://enrevenantducinema.fr/2013/05/08/sous-surveillance-de-robert-redford/" class="read_more">Lire la suite... </a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify"><a href="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/05/soussurveillance2.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1642" alt="_DSC6012.NEF" src="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/05/soussurveillance2.jpg" width="838" height="559" /></a><strong>Si loin de la révolution</strong></h2>
<p style="text-align: justify"><em>Sous surveillance</em> (les traducteurs ne se sont pas foulés) est dans la continuité d&rsquo;un certain cinéma mêlant intrigue policière et discours politique, le cinéma d&rsquo;un Pollack, d&rsquo;un Lumet des années 70-80. Rien n&rsquo;a vraiment bougé, rien n&rsquo;a vraiment changé. On retrouve ce personnage de jeune journaliste malin qui en cherchant la vérité va s&rsquo;ouvrir au monde, le patron de presse bourru mais quand même sympa, des anciens (et certains toujours) gauchistes, des agents du FBI un peu dépassés, nous sommes en terrain connu.<br />
Ce film raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;anciens militants fugitifs des weathermen, groupe révolutionnaire des États-Unis proche des black panthers voulant lutter contre la politique raciste et coloniale de leur pays et décidant de rentrer dans l&rsquo;action armée.<br />
C&rsquo;est amusant et touchant de voir ces acteurs riches d&rsquo;une belle cinématographie et représentant de la conscience de gauche étasunienne jouant ces militants (Redford, Sarandon&#8230;), voir leur visage ridé qui témoigne de nombreux combats, de nombreuses déceptions et se dire qu&rsquo;ils sont encore là pour défendre leur conviction. La scène où le personnage incarné par Susan Sarandon dit que si elle devait recommencer l&rsquo;action violente pour ses convictions, elle le ferait, est assez réjouissante.<br />
Mais Robert Redford a voulu faire un film efficace,  pour cela il faut qu&rsquo;il y ait un minimum d&rsquo;enjeu, une enquête, des mystères à résoudre, il construit alors un scénario où le héros fuit pour prouver son innocence.<br />
Cette partie policière manque de force, de rythme. La mise en scène est plutôt sobre, le film est joliment éclairé, les acteurs sont des vieux routiers (Nolte, Jenkins&#8230;) qui font bien leur travail, etc. mais l&rsquo;ensemble est trop lisse, il n&rsquo;y pas de prise de risque, sauf à un rare moment où Redford se lance dans un long plan séquence raté qui suit la discussion entre le jeune journaliste et la fille d&rsquo;un flic, avec des figurants qui traversent le champ de façon régulière et totalement artificielle, pour le reste il ne retrouve pas le mouvement, la nervosité des grands films de ce genre (<em>Les trois jours du condor</em> ou <em>Les hommes du président</em> par exemple). On ne tremble jamais pour le héros même s&rsquo;il a une fille de onze ans qu&rsquo;il risque de ne plus revoir (procédé un peu facile pour tenter d&rsquo;impliquer le spectateur). Surtout le fait que l&rsquo;histoire se focalise sur ce personnage qui veut prouver son innocence en amoindrit la force politique, comme ces films qui condamne la peine de mort mais dont le héros est innocent. La question de l&rsquo;agitation politique des années 70, des choix qui ont été fait à cette époque, sujet qui aurait pu et aurait dû être passionnant se dilue dans le fait de savoir si le héros était là lors d&rsquo;un braquage qui a mal tourné, cette question est comme plaquée et n&rsquo;intéresse pas vraiment Roberd Redford, il a alors du mal à nous y intéresser.<br />
On voit les témoins fatigués de cette époque passionnante mais hélas on entend trop peu ce qu&rsquo;ils ont à nous en dire.<br />
<strong><em>Sous surveillance (The company you keep)</em> de Robert Redford, EU, 2013 avec Robert Redford, Shia LaBeouf, Susan Sarandon&#8230;</strong></p>
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		<title>Le blues du critique (épisode 5)</title>
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		<pubDate>Fri, 03 May 2013 00:30:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Pic</dc:creator>
				<category><![CDATA[Panoramique]]></category>
		<category><![CDATA[Christopher Nolan]]></category>
		<category><![CDATA[DC]]></category>
		<category><![CDATA[Films étasuniens]]></category>
		<category><![CDATA[Guillermo del Toro]]></category>
		<category><![CDATA[Joss Whedon]]></category>
		<category><![CDATA[Marvel]]></category>

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		<description><![CDATA[Super-cinéphile, le retour&#8230;
<p style="text-align: justify">Posons-nous aujourd&#8217;hui une question essentielle : Le film de super-héros moderne est-il soluble dans la cinéphilie – et vice-versa  ? Comme dirait Pierre Desproges  : «  C&#8217;est dur&#8230;  »&#8230;
Il y a une vingtaine d&#8217;années, il restait un peu de place pour une opinion politique, une ambition artistique ou même&#8230; des rapports intimes entre une belle plante &#8230; <a href="http://enrevenantducinema.fr/2013/05/03/1613/" class="read_more">Lire la suite... </a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2><a href="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/05/hellboy.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1616" alt="hellboy" src="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/05/hellboy.jpg" width="900" height="623" /></a>Super-cinéphile, le retour&#8230;</h2>
<p style="text-align: justify">Posons-nous aujourd&rsquo;hui une question essentielle : Le film de super-héros moderne est-il soluble dans la cinéphilie – et vice-versa  ? Comme dirait Pierre Desproges  : «  C&rsquo;est dur&#8230;  »&#8230;<br />
Il y a une vingtaine d&rsquo;années, il restait un peu de place pour une opinion politique, une ambition artistique ou même&#8230; des rapports intimes entre une belle plante et un canard – Vous aurez reconnu dans l&rsquo;ordre le vénéneux <em>Darkman</em> de Sam Raimi, le fabuleux <em>Batman le défi</em> de Tim Burton et l&rsquo;improbable <em>Howard the duck</em> de Willard Huyck. Mais qu&rsquo;en est-il aujourd&rsquo;hui, avec l&rsquo;augmentation exponentielle des budgets, les studios qui visent une rentabilité immédiate et l&rsquo;insidieuse auto-censure qui ronge Hollywood ? Les rares courageux qui tentent d&rsquo;insuffler un semblant de quelque chose dans leurs blockbusters se retrouvent soit broyés par le système comme Sam Raimi avec sa trilogie <em>Spider-man</em>, soit obligés de filouter comme Christopher Nolan – le succès du formaté <em>Batman begins</em> lui a permis d&rsquo;accoucher «  sereinement  » du très beau The <em>Dark Knight.</em> Reste le cas Guillermo Del Toro, avec <em>Blade 2</em> et le diptyque <em>Hellboy</em>. En choisissant  d&rsquo;adapter des personnages moins connus du grand public, nettement plus sombres et en acceptant une baisse conséquente de financement, le réalisateur mexicain est parvenu à garder le contrôle de ses films. Mais vu l&rsquo;énergie qu&rsquo;il y a consacré, nous ne sommes pas près de voir débarquer le troisième volet des aventures du démon rouge félinophile dévoreur de pancakes.<br />
<a href="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/05/the-avengers.jpg"><br />
</a><a href="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/05/The-dark-knight.jpg"><img class="alignleft  wp-image-1615" alt="The-dark-knight" src="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/05/The-dark-knight.jpg" width="131" height="191" /></a>La génération de cinéphiles qui, comme moi, a grandi dans les années 80 s&rsquo;étrangle de frustration devant les blockbusters aseptisés et interchangeables qui polluent nos écrans. Et pour cause  : lorsqu&rsquo;on a été biberonné aux deux premiers <em>Indiana Jones,</em> à <em>L&rsquo;empire contre attaque</em>, aux <em>Terminators</em> de James Cameron et aux <em>Gremlins</em> de Joe Dante, impossible de comprendre l&rsquo;engouement autour des nullissimes <em>Transformers</em> et autres <em>Benjamin Gates</em>. Sans parler des dérapages incontrôlés de Steven Spielberg et George Lucas. C&rsquo;est que, vous comprenez, on ne peut plus prendre le risque de choquer les enfants. Le problème est le même pour nos super-héros, en particulier chez Marvel Studio. Mais comment ont-ils osé saloper un personnage aussi cinégénique que Wolverine – Serval, pour les nostalgiques de <em>Spécial Strange</em> ? S&rsquo;il s&rsquo;en tirait plutôt bien sous la houlette de Bryan Synger dans les deux premiers<em> X-Men</em>, le troisième volet de la saga et surtout le pitoyable <em>X-Men origins  : Wolverine</em> réussirent l&rsquo;exploit de ruiner la crédibilité du mutant griffu. Tout ça pour ratisser plus large en évitant une classification pénalisante. Fort heureusement, suivant la voie ouverte par Tim Burton en 1989, Christopher Nolan a réussi à imposer un réalisme désespérée et une ambiance poisseuse sur sa trilogie <em>Batman</em>. Un choix payant en regard des recettes mirobolantes de la franchise.</p>
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<p style="text-align: justify"><a href="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/05/the-avengers.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1614" alt="the-avengers" src="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/05/the-avengers-496x300.jpg" width="354" height="218" /></a>Qu&rsquo;attendre d&rsquo;un film de super-héros aujourd&rsquo;hui  ? Laissons de côté les relectures post-modernes que sont le génial <em>Defendor</em> ou le plutôt sympathique (quoique bien édulcoré par rapport au matériau de base) <em>Kick-ass.</em> Comme évoqué plus haut, ne rêvons pas, il n&rsquo;y a plus vraiment de place pour la subversion dans les productions <em>mainstream</em>. Restent deux choses capables de titiller nos penchants régressifs  : le grand spectacle, et la narration. On imagine mal Marvel ou DC rater les incontournables morceaux de bravoure, facilités par les progrès techniques et les budgets pharaoniques. Pour les histoires, pas de problèmes  : généralement édités depuis plusieurs décennies, les comics regorgent de personnages secondaires et d&rsquo;arcs narratifs passionnants. Mais une bonne histoire ne suffit pas  : encore faut-il bien la raconter. C&rsquo;est là le coup de génie de la Marvel  : faire appel à Joss Whedon, <em>showrunner</em> d&rsquo;exception dont les séries télévisées ont  marqué celles et ceux qui s&rsquo;y sont laissé prendre <sup>1</sup>. Pour deux raisons principalement  : le bonhomme aime ses personnages – et leurs interprètes –, et il respecte toujours son public. Le voici donc en charge d&rsquo;un des projets hollywoodien les plus casse-gueule de 2012, réunir dans un même film Iron Man, Hulk, Thor et leurs petits camarades. Et il s&rsquo;en sort bien le bougre, car dans <em>The Avengers</em>, chacun(e) trouve sa place, non seulement par rapport aux autres, mais surtout par rapport à une intrigue qui, à défaut de révolutionner le genre, n&rsquo;en demeure pas moins  sacrément efficace. Et comme le public à suivi, le créateur de <em>Buffy</em> va coordonner les futurs productions Marvel jusqu&rsquo;à <em>Avengers 2</em> qu&rsquo;il réalisera lui-même. Alors oui, c&rsquo;est régressif, un peu vain et honteusement coûteux, mais en terme de jouissance, quel pied  ! L&rsquo;avenir chez l&rsquo;éternel rival DC semble un peu plus compliqué. Entre le nouveau <em>Superman</em> de Zack «  beark  » Snyder, le reboot imminent de <em>Batman</em> histoire de ne pas laisser filer des droits juteux <sup>2 </sup>et la mise en place chaotique du projet <em>Justice League</em> – leur <em>Avengers</em> à eux –, ils essayent tant bien que mal de suivre la cadence infernale imposée par la concurrence. En priant pour que Christopher Nolan accepte de superviser tout ça – et ce n&rsquo;est pas gagné.<br />
Les super-héros ont le vent en poupe et n&rsquo;ont pas fini de squatter nos salles obscures. On peut toujours espérer un film capable de mettre tout le monde d&rsquo;accord, mais j&rsquo;en doute sincèrement. Je rêve que <em>The Wolverine : le combat de l&rsquo;immortel</em> réalisé par James Mangold – les très bons <em>Copland</em> et <em>3h10 pour Yuma</em> – ou <em>X-Men  : Days of futur past</em> me fassent mentir, qu&rsquo;ils se montrent digne des histoires imaginées par Chris Claremont et dessinées par Frank Miller et John Byrne, qu&rsquo;ils réconcilient enfin l&rsquo;adolescent attardé dévoreur de comics que j&rsquo;étais et le cinéphile intégriste que je suis aujourd&rsquo;hui&#8230; Oui, on peut rêver&#8230;</p>
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<p style="text-align: justify"><sup>1 </sup><em>Buffy contre les vampires</em>, <em>Angel</em>, les éphémères <em>Firefly</em> et <em>Dollhouse,</em> et bientôt une nouvelle autour du S.H.I.E.L.D. de Marvel&#8230;<br />
<sup><br />
2 </sup>Sony a fait la même en développant <em>The Amazing Spider-man</em> sur les cendres encore fumantes du calamiteux <em>Spider-man 3</em>.</p>
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		<title>Upside down de Juan Solanas</title>
		<link>http://enrevenantducinema.fr/2013/04/30/upside-down-de-juan-solanas/</link>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 16:33:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Madamour</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma canadien]]></category>
		<category><![CDATA[Jim Sturgess]]></category>
		<category><![CDATA[Juan Solanas]]></category>
		<category><![CDATA[Kirsten Dunst]]></category>

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		<description><![CDATA[<strong>Un film fait la tête en bas</strong>
<p style="text-align: justify">Upside down est typiquement un film « pitch », une idée de départ qui pourrait être amusante, deux planètes qui sont toute proches avec une gravité inversée, la planète d&#8217;en bas avec les pauvres, celle d&#8217;en haut avec les riches, le passage de l&#8217;un à l&#8217;autre est interdit. Une histoire d&#8217;amour, une fable sur les &#8230; <a href="http://enrevenantducinema.fr/2013/04/30/upside-down-de-juan-solanas/" class="read_more">Lire la suite... </a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify"><strong><a href="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/04/upside-down.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1608" alt="upside-down" src="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/04/upside-down.jpg" width="909" height="538" /></a>Un film fait la tête en bas</strong></h2>
<p style="text-align: justify"><em>Upside down</em> est typiquement un film « pitch », une idée de départ qui pourrait être amusante, deux planètes qui sont toute proches avec une gravité inversée, la planète d&rsquo;en bas avec les pauvres, celle d&rsquo;en haut avec les riches, le passage de l&rsquo;un à l&rsquo;autre est interdit. Une histoire d&rsquo;amour, une fable sur les frontières, sur l&rsquo;immigration, sur le néocolonialisme, (la planète d&rsquo;en haut prend le pétrole de celle d&rsquo;en  bas pour faire de l&rsquo;électricité qui ne profitera qu&rsquo;aux riches&#8230;), le film est traversé par de nombreuses idées mais le film ne dépasse jamais ces idées, parce que le cinéaste ne prend pas la peine de vraiment filmer les différentes parties de ce film pour en faire un tout.<br />
Rien ne se met en place, tout semble forcé, le montage est fait à la hache, ça passe d&rsquo;un point à l&rsquo;autre sans que ces points ne soient reliés. Alors on ne croit en rien, les acteurs sont des pantins qui ne savent pas trop ce qu&rsquo;ils doivent jouer et malgré Kirsten Dunst qu&rsquo;on a beaucoup aimé de <em>Virgin Suicides</em> à <em>Melancholia</em>, ou dans la trilogie <em>Spider-man</em>, on ne croit pas à l&rsquo;histoire d&rsquo;amour qu&rsquo;elle partage avec le héros. De même alors qu&rsquo;on imagine qu&rsquo;il est censé être difficile de passer d&rsquo;un monde à l&rsquo;autre, le héros ne cesse de le faire sans que la répression policière ne soit si efficace que ça, du coup on ne ressent aucune tension lorsqu&rsquo;il se retrouve dans le monde dans lequel il ne doit pas être, l&rsquo;action est mal mené.<br />
On ne sait pas trop pourquoi mais les personnes qui changent de planète garde la gravité de leur planète d&rsquo;origine. Ce n&rsquo;est pas du tout logique mais admettons, sauf que le héros, pour être dans l&rsquo;autre monde à l&rsquo;aide d&rsquo;éléments à la gravité inversée, se retrouve à marcher la tête en bas mais le cinéaste n&rsquo;en fait rien, le héros se fait avoir en allant aux toilettes parce que l&rsquo;urine monte au lieu de descendre mais comment se fait-il que le héros ne se rende pas compte qu&rsquo;il est dans l&rsquo;autre sens, pourquoi son sang ne lui monte-t-il pas à la tête ? D&rsquo;une certaine façon, la vraisemblance, le réalisme n&rsquo;est pas si important mais le cinéaste doit nous embarquer, c&rsquo;est à lui de nous faire croire à quelque chose qui n&rsquo;est pas crédible. Cette idée, même foireuse, aurait pu créer un spectacle qui joue avec cette gravité, Juan Solanas semble juste en extase devant son « pitch », il se plaît à filmer des paysages avec des montagnes en haut en bas, des immeubles qui descendent du ciel. Si parfois ça rend pas mal comme l&rsquo;image saisissante de tous ces bureaux en vis à vis, en haut les cadres, les cols blancs, en bas les cols bleus, mais hormis quelques idées visuelles, il ne fait pas vivre son idée de départ. Ça n&rsquo;a ni la puissance spectaculaire de la grosse production, ni le charme et l&rsquo;inventivité d&rsquo;une série B.<br />
C&rsquo;est dommage parce que le film que cette bande annonce de 1h47 semblait promettre pouvait être excitant.<br />
<strong>Upside down de Juan Solanas, 2013, Canada, France avec Jim Sturgess, Kirsten Dunst, Timothy Spall&#8230;</strong></p>
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		<title>The Grandmaster de Wong Kar-wai</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 15:59:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Madamour</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma chinois]]></category>
		<category><![CDATA[Tony Leung]]></category>
		<category><![CDATA[Wong Kar-wai]]></category>
		<category><![CDATA[Zhang Ziyi]]></category>

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		<description><![CDATA[<strong>La pluie, le vent, la neige, tout ça.</strong>
<p style="text-align: justify">Il y a quelque chose de « trop » dans les derniers films de Won Kar-wai, un montage qui enchaîne trop de plans, de ralentis, la musique omniprésente, des reflets, des transparences, des mouvements de caméra élégants, un train très très long&#8230; et ce dès le début, avec ce combat sous une pluie d&#8217;un &#8230; <a href="http://enrevenantducinema.fr/2013/04/30/the-grandmaster-de-wong-kar-wai/" class="read_more">Lire la suite... </a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify"><a href="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/04/The-Grandmaster.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1600" alt="The-Grandmaster" src="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/04/The-Grandmaster.jpg" width="1350" height="898" /></a><strong>La pluie, le vent, la neige, tout ça.</strong></h2>
<p style="text-align: justify">Il y a quelque chose de « trop » dans les derniers films de Won Kar-wai, un montage qui enchaîne trop de plans, de ralentis, la musique omniprésente, des reflets, des transparences, des mouvements de caméra élégants, un train très très long&#8230; et ce dès le début, avec ce combat sous une pluie d&rsquo;un gris métallique où le cinéaste joue sur la lumière, sur ce qu&rsquo;on voit et sur ce qu&rsquo;on ne voit pas, ne cherchant pas la clarté, la lisibilité de l&rsquo;action, il nous perd dans le mouvement.<br />
L&rsquo;histoire suit la biographie d&rsquo;Ip Man, un homme qui va devenir un grand maître du kung-fu, et croise des prétendants avec leur rivalité et leurs différentes techniques. Le film s&rsquo;étale sur plusieurs époques, avant, pendant et après la seconde guerre mondiale. Won Kar-wai ne sait pas trop mener son histoire, qui est un peu explicative, sans véritable enjeu de scénario et manque de véritables tensions, il ne sait pas mener cette histoire ou plutôt ça ne semble pas l&rsquo;intéresser réellement, il s&rsquo;intéresse plus à comment filmer chaque scène.<br />
Et tout d&rsquo;un coup ce « trop »  apparaît comme de la générosité, surtout que ça fait de très beaux moments, un enterrement magnifique au milieu d&rsquo;un territoire enneigé, avec les vêtements blancs du deuil, les fanions qui sont soulevés pas le vent, la procession, le visage dur de Zhang Ziyi au milieu de visages pleurant&#8230; Très belle aussi est la scène de confidences entre Gong Er et Ip Man, ce champ contre-champ décalé par rapport à la parole de chacun, grâce aussi à la puissance de ses acteurs (Zhang Ziyi et Tony Leung) qui arrivent à faire vibrer des émotions tout en gardant un visage presque fixe&#8230; Le cinéaste montre qu&rsquo;il sait filmer un simple dialogue aussi bien que le très beau combat entre ces personnages, tout en frôlement, en rapprochement, ou leurs deux corps en l&rsquo;air pourraient presque s&rsquo;embrasser.<br />
Won Kar-wai est resté totalement fétichiste, il n&rsquo;est pas redescendu depuis <em>In the mood for love</em>, il se passionne pour les vêtements, entre les robes de prostitués, les kimonos des maîtres de kung-fu, les uniformes des militaires japonais, les fourrures qui entourent le visage de Zhang Ziyi, il aime filmer les chaussons qui glissent sur le parquet, mais il fait quelque chose de ces étoffes, imaginées comme des peaux liés à l&rsquo;époque, filmé aussi comme de la peau qui se déchire, comme ces vêtements lacérés qui laissent s&rsquo;échapper des morceaux de tissu ressemblant à des viscères&#8230;<br />
L&rsquo;époque serait plutôt à l&rsquo;épure, à la pose qui vire parfois à la toute puissance, à l’illusion de la maîtrise, du coup il y a quelque chose de joyeux dans ce trop plein, dans sa fougueuse énergie, le cinéaste rajoute de la chantilly sur la chantilly, c&rsquo;est parfois écœurant mais ça flatte les sens. Alors oui, Won Kar-Wai n&rsquo;est peut-être pas le grand maître (le Grandmaster) que ses premiers films semblaient annoncer et peut-être que c&rsquo;est tant mieux, c&rsquo;est juste un cinéaste qui aime se faire plaisir et nous donner du plaisir.<br />
<strong><em>The Grandmaster</em> de Wong Kar-wai, 2013, Chine avec Tony Leung, Zang Ziyi, Chang Chen&#8230; </strong></p>
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		<title>The land of hope de Sono Sion</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Apr 2013 22:36:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Pic</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma asiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Sono Sion]]></category>

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		<description><![CDATA[<strong>Sur un air de fin du monde&#8230;</strong>
<p></p>
<p style="text-align: justify">Alors que ses œuvres commencent enfin à arriver chez nous, le cinéphile a de quoi rester perplexe face au cas Sono Sion. On pense à Takashi Miike, pour la boulimie, ou à Kiyoshi Kurosawa, pour l&#8217;éclectisme. Poète, performer, réalisateur de films d&#8217;horreur, de polars vénéneux et sensuels, de fresques feuilletonantes, l&#8217;insaisissable auteur de &#8230; <a href="http://enrevenantducinema.fr/2013/04/29/the-land-of-hope-de-sono-sion/" class="read_more">Lire la suite... </a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2><strong><span style="color: #993300"><a href="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/04/the-land-of-hope2.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1594" alt="the-land-of-hope2" src="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/04/the-land-of-hope2.jpg" width="746" height="434" /></a>Sur un air de fin du monde&#8230;</span></strong></h2>
<p><!--<br />
p { margin-bottom: 0.21cm; }<br />
--><!--<br />
p { margin-bottom: 0.21cm; }<br />
--></p>
<p style="text-align: justify">Alors que ses œuvres commencent enfin à arriver chez nous, le cinéphile a de quoi rester perplexe face au cas Sono Sion. On pense à Takashi Miike, pour la boulimie, ou à Kiyoshi Kurosawa, pour l&rsquo;éclectisme. Poète, performer, réalisateur de films d&rsquo;horreur, de polars vénéneux et sensuels, de fresques feuilletonantes, l&rsquo;insaisissable auteur de <i>Suicide club</i> est passé maître dans l&rsquo;art de brouiller les pistes. A peine remis du choc <i>Guilty of romance,</i> voici que débarque <i>The land of hope</i>, la première œuvre de fiction consacrée à la catastrophe de Fukushima. Abordant ce sujet délicat avec beaucoup d&rsquo;intelligence et de subtilité, le réalisateur nous plonge dans un Japon qu&rsquo;on était loin d&rsquo;imaginer.<br />
Les premiers plans du film nous montrent la banderole qui orne fièrement l&rsquo;entrée de Nagashima*, « la ville de la centrale nucléaire ». On voit ensuite des vaches dans une étable, un parterre de fleurs devant une maison, un jet d&rsquo;eau, des cultures&#8230; Le spectateur connaît l&rsquo;histoire et hoche la tête d&rsquo;un air entendu : la centrale va exploser et empoisonner tout ça, comme en 2011. Sauf qu&rsquo;au passage, il oublie une chose essentielle : la main qui nourrit les bêtes, agence les fleurs, manie le tuyau d&rsquo;arrosage ou ramasse les brocolis. Oups. Les médias ramènent systématiquement un accident nucléaire – ça marche en fait pour toutes les catastrophes – à un niveau de radiations, un nombre de victimes et à son impact écologique. En prenant soin de déshumaniser l&rsquo;ensemble, comme pour nous faire oublier qu&rsquo;on s&rsquo;est un peu tiré une balle dans le pied en vendant notre âme à la fission de l&rsquo;atome. A l&rsquo;heure d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, impossible d&rsquo;aborder la catastrophe de Fukushima directement, la blessure n&rsquo;est pas encore cicatrisée. Nous nous retrouvons donc propulsés dans un futur proche, où un autre tremblement de terre et un autre tsunami vont frapper une autre centrale. Pas question non plus de désigner frontalement un (ou des) coupable(s), le scénario est autrement plus fin que cela. Oh, bien sûr, les médias, le gouvernement et les représentants locaux en prennent pour leur grade, mais par petites touches, à travers une télé allumée dans un coin, ou une discussion avec des personnages secondaires. Également pointée du doigt, cette incroyable capacité qu&rsquo;ont nos contemporains à s&rsquo;habituer au pire, à ne s&rsquo;inquiéter que quelques temps avant que la routine ne reprenne ses droits, et que, en moutons bien dressés par le discours officiel, nous retournions paisiblement à nos petites affaires, comme si de rien n&rsquo;était. Tout cela est relégué en toile de fond. L&rsquo;histoire préfère s&rsquo;intéresser à trois couples : les propriétaires de l&rsquo;exploitation agricole, des personnes âgées qui ont toujours vécu ici – comme leurs parents avant eux –, leur fils et son épouse, qui auraient dû logiquement prendre la relève, et leurs voisins, un tout jeune couple à peine sorti de l&rsquo;adolescence. En explorant l&rsquo;impact de la catastrophe sur leurs vies, Sono Sion donne à son film une dimension universelle et ne se laisse jamais étouffer par son sujet. Les autorités, aveuglées par les codes et les règles, ont placé une barrière en plein milieu d&rsquo;une rue pour marquer la zone contaminée. D&rsquo;un côté, la population est évacuée à cause des radiations dangereuses. De l&rsquo;autre, pas de problèmes, vous pouvez continuer à vivre normalement. Cette décision, aussi arbitraire que stupide, va trouver écho dans les choix que chacun devra faire : Le père, au crépuscule de sa vie, refusera de partir alors qu&rsquo;il connaît parfaitement les conséquences de son acte – plus jeune, il militait contre l&rsquo;implantation de la centrale. C&rsquo;est ici que s&rsquo;est déroulé sa vie, et c&rsquo;est le dernier repère de son épouse qui perd la la tête. Leur fils, lui, est un éternel indécis. Il ne sait pas s&rsquo;il doit rester ou fuir, suivre sa femme enceinte dans ses délires paranoïaques ou écouter des médias qui se veulent rassurants. Le couple adolescent, lui, brave les interdictions pour tenter de retrouver les parents de la jeune fille dans une zone dévastée par le tsunami, même s&rsquo;ils savent que cela ne sert à rien. Trois chemins qui ont en commun la disparition du passé, et l&rsquo;impossibilité de revenir en ces lieux où tout était pourtant si simple, mais qui sont aujourd&rsquo;hui irrémédiablement inaccessibles.<br />
La réalisation est quelque fois inégale, à l&rsquo;image de l&rsquo;habillage sonore du film : d&rsquo;un côté un travail remarquable au niveau des ambiances – le vent qui souffle, et apporte avec lui les radiations mortelles, les compteurs Geiger, les explosions – malheureusement contrebalancé par l&rsquo;utilisation systématique de musiques larmoyantes, grossières et inutiles. A l&rsquo;opposé, l&rsquo;utilisation de courtes ellipses apporte à certaines séquences une densité émotionnelle incroyable, comme lorsque la jeune fille, sans nouvelles de ses parents, découvre dans le centre de secours une pièce tapissée de messages laissés par des survivants à la recherche de leurs proches. Citons également les trois conclusions successives du film, une par couple, absolument terrifiantes sans que jamais, aussi paradoxal que cela puisse paraître, on songe une seconde à remettre en question le choix d&rsquo;un titre optimiste, « le territoire de l&rsquo;espoir ». Sans hésiter, un des plus beau film de cette année.<br />
Quel dommage que le cinéma japonais soit proprement ignoré chez nous depuis une dizaine d&rsquo;années, car une nouvelle génération d&rsquo;auteurs, aussi bien en animation qu&rsquo;en « live », ont des choses sacrément intéressantes à nous dire sur le monde. Espérons que des distributeurs français continuent à explorer l&rsquo;oeuvre de ce génial iconoclaste, et remettent ce grand pays de cinéma au goût du jour. Je profite de cet article pour vous conseiller le dernier numéro de l&rsquo;excellente revue <i>Torso</i>, entièrement consacré à Sono Sion. Tout simplement indispensable ! Pour le commander, visitez leur blog <a href="http://torsorevuedecinema.fr/">ici</a>.</p>
<p style="text-align: justify"><!--<br />
p { margin-bottom: 0.21cm; }<br />
--><b><i>The land of hope</i>, de Sono Sion, 2013, Japon, avec Isao Natsuyagi, Jun Murakami, Megumi Kagurazaka.</b></p>
<p>* Ville imaginaire, contraction de Nagasaki, d&rsquo;Hiroshima et de Fukushima.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b><i> </i></b></p>
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		<title>Le blues du critique (épisode 4)</title>
		<link>http://enrevenantducinema.fr/2013/04/24/le-blues-du-critique-episode-4/</link>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2013 15:02:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Pic</dc:creator>
				<category><![CDATA[Panoramique]]></category>

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		<description><![CDATA[<p style="text-align: left"><strong></strong><strong></strong>Jury du Festival de Cannes, le palmarès&#8230;</p>
<p style="text-align: justify">Ça y est, les résultats sont tombés aujourd&#8217;hui. On connaît enfin la composition du jury, et la palme d&#8217;or est attribuée à&#8230; Nicole Kidman ?! Vous ne rêvez pas, la presse est unanime*, photo à l&#8217;appui&#8230; Rappelons que ce jury présidé par Steven Spielberg et composé de huit acteurs et réalisateurs aura la &#8230; <a href="http://enrevenantducinema.fr/2013/04/24/le-blues-du-critique-episode-4/" class="read_more">Lire la suite... </a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left"><a href="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/04/Kawase.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1552" alt="Kawase" src="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/04/Kawase.jpg" width="1500" height="1000" /></a><strong><strong></strong>Jury du Festival de Cannes, le palmarès&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify">Ça y est, les résultats sont tombés aujourd&rsquo;hui. On connaît enfin la composition du jury, et la palme d&rsquo;or est attribuée à&#8230; Nicole Kidman ?! Vous ne rêvez pas, la presse est unanime*, photo à l&rsquo;appui&#8230; Rappelons que ce jury présidé par Steven Spielberg et composé de huit acteurs et réalisateurs aura la lourde tâche de trancher dans une sélection qui s&rsquo;annonce&#8230; euh&#8230; qui a déjà été annoncée en fait. Sans remettre en question les choix de l&rsquo;équipe du festival, fruits d&rsquo;un intense brainstorming et d&rsquo;un consensus nécessaire, on peut par contre pester à loisir contre nos chers médias vu la manière affligeante dont ils ont traité cette information . Et je ne parle pas de Jean-Pierre Pernaut ou de Laurent Weil, hein ? Donc, Nicole Kidman arrive en tête, et avec elle une bonne dose de glamour parce que Cannes, c&rsquo;est 50 % cinéphilie, 50 % paillettes. Talonnant la toujours belle – l&rsquo;efficacité du botox n&rsquo;est plus à prouver – actrice australienne, notre Daniel Auteuil national. Le seul français de la liste, et, tiens, encore un acteur&#8230; Oui, je sais, il paraîtrait qu&rsquo;il serait également réalisateur, mais c&rsquo;est un blog sérieux ici ! On enchaîne avec Christoph Waltz, tout auréolé de son second Oscar du meilleur second rôle. Une petite déception donc, vu qu&rsquo;il doit se contenter ici de la troisième place.<br />
Les suivants n&rsquo;ayant pas les honneurs du titre de l&rsquo;article, il faudra farfouiller dans le corps de texte. Autant dire qu&rsquo;on a perdu plus de la moitié des lecteurs en cours de route&#8230; Au pied du podium, on retrouve enfin un réalisateur ! Enfin, un réalisateur&#8230; Ang Lee, quoi. Mais si, le gars qui avait fait le premier <i>Hulk</i> avec Eric Bana en 2003 – c&rsquo;est dire si c&rsquo;est une pointure ! Et qui vient surtout de remporter plein d&rsquo;Oscars avec son histoire de tigre et d&rsquo;enfant filmés sur fond vert&#8230; Aux yeux de nos chers journalistes, les « 50 % paillettes » évoqués plus haut passent clairement avant le reste. Pendant la quinzaine, ils auront les yeux rivés sur la montée des marches et s&rsquo;esbaudiront devant la dernière daube de Baz Luhrmann, avec Leo « cris hystériques de groupies déchaînées » DiCaprio et son pote Tobey « <i>Seabiscuit</i> m&rsquo;a tuer » Maguire. Pour savoir que Naomi Kawase (photo), Christian Mungiu ou Lynn Ramsay faisaient partie du jury il fallait encore se farcir un paragraphe sur sa composante « exotique », l&rsquo;actrice bollywoodienne Vydia Balan. Au secours !</p>
<p style="text-align: justify">PS : l&rsquo;aviez-vous remarqué ? En écrivant cet article, j&rsquo;ai fait exactement ce que je reproche à nos chers journalistes&#8230; Je voulais pas, hein ? C&rsquo;est mon collègue qui m&rsquo;a forcé. Soit disant que ça serait plus vendeur&#8230; Par contre, j&rsquo;ai été intraitable sur le choix de la photo !</p>
<p style="text-align: justify">* J&rsquo;admets volontiers que je n&rsquo;ai pas poussé plus que ça mes recherches, mais entre<em> <a href="http://next.liberation.fr/cinema/2013/04/24/nicole-kidman-daniel-auteuil-christoph-waltz-et-ang-lee-au-jury-de-cannes_898537" target="_blank">Libé</a></em>, France Info, <em><a href="http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2013/04/24/cannes-2013-kidman-auteuil-et-waltz-au-jury_3165163_766360.html" target="_blank">Le Monde</a></em>, <em><a href="http://www.lefigaro.fr/festival-de-cannes/2013/04/24/03011-20130424ARTFIG00360-cannes-2013-kidman-auteuil-les-huit-stars-du-jury-spielberg.php" target="_blank">Le Figaro</a></em> et <em><a href="http://www.telerama.fr/cinema/daniel-auteuil-nicole-kidman-dans-le-jury-du-festival-de-cannes-2013,96681.php" target="_blank">Télérama</a></em>, il me semble proposer un aperçu significatif. Oui, bon, j&rsquo;admets, ça m&rsquo;a tellement énervé que pour éviter une nouvelle bouffée de chaleur, j&rsquo;ai préféré en rester là&#8230;</p>
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		<title>Mystery de Lou Ye</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Apr 2013 16:58:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Pic</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma chinois]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Pierre et Luc Dardenne]]></category>
		<category><![CDATA[Lou Ye]]></category>

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		<description><![CDATA[<strong>Miracle à la chinoise</strong>
<p style="text-align: justify;">Honnêtement, je n&#8217;attendais rien de ce Mystery, choisi « par défaut » parce qu&#8217;il n&#8217;y avait pas grand chose à se mettre sous les rétines au cinéma ce soir-là. Et quand je ne sais pas trop quoi voir, je me retrouve la plupart du temps devant un film asiatique. Un peu comme mon coreligionnaire avec Kim Ki-Duk, je &#8230; <a href="http://enrevenantducinema.fr/2013/04/19/mystery/" class="read_more">Lire la suite... </a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify;"><a href="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/04/mystery.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1530" alt="mystery" src="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/04/mystery.jpg" width="630" height="419" /></a><strong>Miracle à la chinoise</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Honnêtement, je n&rsquo;attendais rien de ce <i>Mystery</i>, choisi « par défaut » parce qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas grand chose à se mettre sous les rétines au cinéma ce soir-là. Et quand je ne sais pas trop quoi voir, je me retrouve la plupart du temps devant un film asiatique. Un peu comme mon coreligionnaire avec Kim Ki-Duk, je ne connaissais Lou Ye que de réputation ; pas très flatteuse, d&rsquo;ailleurs. Comme quoi, les réputations&#8230;<br />
Le film s&rsquo;ouvre par une séquence choc : deux voitures de sport roulent à tombeau ouvert et s&rsquo;amusent à se doubler sous des trombes d&rsquo;eau. Les occupants, passablement éméchés, appartiennent à la jeunesse dorée chinoise. A la sortie d&rsquo;un tunnel, en plein virage, l&rsquo;un des véhicule percute une jeune-femme hagarde qui se trouvait au milieu de la chaussée. La mise en images vaudra pour la quasi-totalité du métrage : à la manière d&rsquo;un documentaire, caméra à l&rsquo;épaule, à hauteur d&rsquo;homme. Pas question de construire méticuleusement un cadre ou de s&rsquo;attarder sur la beauté d&rsquo;un paysage urbain. L&rsquo;objectif restera focalisé sur le mouvement des personnages, pantins désabusés de cette « nouvelle » Chine dont le réalisateur dresse ici un portrait glaçant. L&rsquo;histoire suit deux axes : d&rsquo;un côté l&rsquo;« accident » évoqué plus haut et ses conséquences, pour les responsables, l&rsquo;ex-petit ami de la victime et le policier chargé de l&rsquo;enquête. De l&rsquo;autre les déboires d&rsquo;une mère au foyer qui découvre les infidélités de son époux, entre les aventures sans lendemain à l&rsquo;hôtel et l&rsquo;appartement qu&rsquo;il partage depuis des années avec une autre femme et un autre enfant. Ces histoires se rejoignent bientôt, le spectateur se rend compte que derrière le vernis social chaque protagoniste cache une forme de malédiction : le flic sympathique se laissera corrompre, le mari volage sera victime d&rsquo;accès de violence terribles, l&rsquo;épouse bafouée se révélera finalement autant coupable que victime&#8230; Le tour de force du réalisateur est de ne jamais sombrer dans le pathos ou le jugement. Le seul qu&rsquo;il porte concerne les mutations d&rsquo;une société chinoise qui englue les personnages dans une mélancolie et un désenchantement abyssal. On pense naturellement au cinéma des frères Dardenne, dans la manière de filmer, le poids du milieu social et ces personnages qui nous touchent presque malgré eux.<br />
Les enjeux narratifs se résoudront dans la douleur pour la quasi totalité des protagonistes qui n&rsquo;auront d&rsquo;autre choix que de faire avec pour continuer à avancer. On revivra la scène de l&rsquo;accident, en suivant les pas de la victime cette fois. On finira même sur une note optimiste inattendue mais logique, car si le regard porté par Lou Ye sur le capitalisme à la chinoise est impitoyable – corruption, politique de l&rsquo;enfant unique, misère&#8230; –, ce qui marquera avant tout le spectateur c&rsquo;est une foi en l&rsquo;humain qui force le respect. J&rsquo;ai peur que ça ne suffise pas à lui éviter une nouvelle interdiction de tournage dans son pays&#8230;<br />
<strong><i>Mystery</i>, de Lou Ye, 2013, Chine avec Hao Lei, Qin Hao, Qi Xi&#8230;</strong></p>
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		<title>Pietà de Kim Ki-duk</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Apr 2013 18:27:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Madamour</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma coréen]]></category>
		<category><![CDATA[David Cronenberg]]></category>
		<category><![CDATA[Kim Ki-duk]]></category>
		<category><![CDATA[Lee Jung-Jin]]></category>
		<category><![CDATA[Min-soo Jo]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Grünberg]]></category>

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		<description><![CDATA[<strong>Un chien qui se fait trancher la gorge</strong>
<p style="text-align: justify">Le générique annonce que Pietà est le 18ème film de Kim Ki-duk, un cinéaste que je ne connais que de réputation. 1h40 après, une fois la purge finie, je ne peux que plaindre ceux qui ont vu toute sa filmographie. Rarement un film ne m&#8217;a paru d&#8217;une telle nullité, et pourtant il &#8230; <a href="http://enrevenantducinema.fr/2013/04/08/pieta-de-kim-ki-duk/" class="read_more">Lire la suite... </a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify"><strong><a href="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/04/Pieta3.jpeg"><img class="aligncenter  wp-image-1512" alt="Pieta3" src="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/04/Pieta3.jpeg" width="685" height="385" /></a>Un chien qui se fait trancher la gorge</strong></h2>
<p style="text-align: justify">Le générique annonce que <em>Pietà</em> est le 18ème film de Kim Ki-duk, un cinéaste que je ne connais que de réputation. 1h40 après, une fois la purge finie, je ne peux que plaindre ceux qui ont vu toute sa filmographie. Rarement un film ne m&rsquo;a paru d&rsquo;une telle nullité, et pourtant il a reçu le Lion d&rsquo;or à Venise.<br />
Donc un homme travaille pour un usurier, il estropie ceux qui ne peuvent le rembourser (avec de nombreuses scènes où des parties de corps sont écrasées par des machines, attention : symbole !), une femme se fait passer pour la mère de cet homme pour l&rsquo;approcher, le soumettre et ainsi venger son fils. On apprend que cet homme sadique et abandonné a un petit cœur qui bat, que la soumission à l&rsquo;argent, c&rsquo;est mal, que l&rsquo;amour peut sauver les hommes. On pourrait faire une bonne histoire avec ça si tout n&rsquo;était pas si lourd, répétitif, à la fois sentencieux et stupide.<br />
Les acteurs sont dans la pose, en font des tonnes, sont tous aussi mauvais les uns que les autres. La mise en scène n&rsquo;a pas de sens, Kim Ki-duk semble ne jamais savoir où mettre sa caméra, de temps en temps pour faire croire qu&rsquo;il a un style, il fait une contre-plongée (règle de base : toujours se méfier des cinéastes qui abusent des plongées et contre-plongées), beaucoup de gros plans, des images qui se veulent décalées, le héros filmé assis et on voit seulement ses jambes pliés, beaucoup de plans dans des couloirs, des escaliers, pour structurer l&rsquo;espace facilement, un montage lourdingue, une lumière très laide, on ne peut vraiment rien sauver. Le filmage vidéo à l&rsquo;arrache devient une sorte d&rsquo;alibi pour filmer encore plus mal qu&rsquo;une obscure série Z, avec en plus une grande prétention auteuriste (déjà ce titre, <em>Pietà</em>, il faut oser).<br />
Ça pourrait être du grand n&rsquo;importe quoi vaguement barré mais moralement, c&rsquo;est indéfendable. Ça commence par des images chocs, un type qui se suicide, le héros qui se masturbe dans son lit puis on voit un couple qui a des crédits à rembourser, qui se mettent à baiser, excités par la peur, à ce moment là on se dit que ça va être un film subtil, on n&rsquo;est pas déçu.<br />
Mais comment peut-on tourner cette scène ou un homme se fait humilier par le héros, reçoit des claques alors que sa mère est présente, elle crie et pleure, comment peut-on décider de la filmer avec de petits soubresauts de caméra comme si nous prenions les claques nous-mêmes ? Comment peut-on filmer cette mèche de cheveux qui reste sur la chaîne après le suicide du fils (il faudrait que le cinéaste recopie cent fois l&rsquo;article de Rivette sur <em>Kapo</em>) ? Comment peut-on filmer ainsi en gros plan l&rsquo;urine d&rsquo;un handicapé sur sa chaise roulante qui pisse de peur ? On pourrait parler aussi de la façon de filmer en plongée comme un insecte apeuré un homme qui vient de se prendre un coup de couteau, on pourrait aussi écrire sur cette scène de viol qu&rsquo;on pense incestueuse, cette insistance pour mettre mal à l&rsquo;aise&#8230; L&rsquo;abjection est là, pas dans ce qui est montré mais dans le regard du cinéaste, dans son œil. Partir de la fange, faire le chemin de la cruauté à la rédemption, pourquoi pas ? mais pour cela il faut avoir un regard, une vision humaine qui élève, là le regard est un regard qui abaisse, qui avilit ceux qui sont filmés (cette humanité vue uniquement comme imbécile ou grimaçante) et qui avilit le spectateur qui endure ça, qui se sent complice. La distance est grande entre la compassion ou la révolte et la pure complaisance dans laquelle baigne ce film.<br />
On sait ce que les défenseurs de ce genre de cinéma peuvent en dire : que c&rsquo;est un cinéma qui bouscule, qui fait réagir, qui n&rsquo;est pas tiède, un cinéaste qui fait des films « chocs », rentre dedans comme si ça suffisait, comme si ça justifiait tout. Répétons qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien de plus facile que de provoquer, que c&rsquo;est à la portée du premier petit malin venu, filmer des scènes violentes, crues, filmer un viol, l&rsquo;inceste, la scatologie et n&rsquo;avoir rien à en dire, regarder tout ça et mettre une petite morale à la fin, dire ensuite que c&rsquo;est un film sur la vie, la mort, le capitalisme, peu importe du moment que l&rsquo;on tombe dans le panneau comme l&rsquo;a fait le jury du dernier festival de Venise (comment ont-ils pu ?)&#8230; la complexité est de faire quelque chose de ce matériel boueux, Kim Ki-duk en semble incapable.<br />
On imagine ce que peut faire un cinéaste comme David Cronenberg de ce type de sujet, il pourrait partir de ce thème sans en cacher la violence pour en faire un film perturbant et vibrant parce que c&rsquo;est un artiste, parce qu&rsquo;il a quelque chose à dire sur ce que c&rsquo;est de vivre dans ce monde, parce qu&rsquo;il sait filmer un corps, que celui-ci soit violenté, blessé ou caressé. Rappelons pour finir ce que David Cronenberg disait dans un entretien avec Serge Grünberg (aux Éditions Cahier du cinéma) <em>« Je sais donc que je peux facilement choquer les gens avec un de mes films, obtenir une réaction très forte, mais ça ne veut pas dire grand chose. Vous savez, il suffit de montrer à l&rsquo;écran un chien qui se fait trancher la gorge et des tas de personnes vont devenir folles. Mais enfin, est-ce qu&rsquo;on peut en être fier ? Je ne peux donc me bercer de l&rsquo;illusion que le simple fait de mettre les gens mal à l&rsquo;aise justifie le film. Peut-être un petit peu, à un certain niveau, mais je n&rsquo;ai jamais fait de films pour choquer les gens. »</em><br />
<strong><em>Pietà</em> de Kim Ki-duk, 2013, Corée du Sud avec Lee Jung-Jin, Min-soo Jo&#8230;</strong></p>
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		<title>Le blues du critique (épisode 3)</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Apr 2013 00:02:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Pic</dc:creator>
				<category><![CDATA[Panoramique]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Sokourov]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Renner]]></category>
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		<description><![CDATA[<p></p>
<p>– « Allô, Guillaume ? C&#8217;est Baptiste&#8230;
– Ah, salut Bat. Tu tombes mal, j&#8217;ai pas beaucoup de temps là&#8230;
– T&#8217;inquiète, j&#8217;en ai juste pour une minute. Je viens de relire ton dernier article et franchement, ça me laisse dubitatif&#8230;
– … Ah bon ? Tu sais, je me rappelle pas trop, ça fait un bout de temps&#8230;
– Tu l&#8217;as posté &#8230; <a href="http://enrevenantducinema.fr/2013/04/03/le-blues-du-critique-episode-3/" class="read_more">Lire la suite... </a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><!--<br />
p { margin-bottom: 0.21cm; }<br />
--><a href="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/04/ulysse.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1495" alt="ulysse" src="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/04/ulysse.jpg" width="1200" height="800" /></a></p>
<p>– « Allô, Guillaume ? C&rsquo;est Baptiste&#8230;<br />
– Ah, salut Bat. Tu tombes mal, j&rsquo;ai pas beaucoup de temps là&#8230;<br />
– T&rsquo;inquiète, j&rsquo;en ai juste pour une minute. Je viens de relire ton dernier article et franchement, ça me laisse dubitatif&#8230;<br />
– … Ah bon ? Tu sais, je me rappelle pas trop, ça fait un bout de temps&#8230;<br />
– Tu l&rsquo;as posté le dix janvier. En introduction, tu annonçais en fanfare un texte sur le premier film que tu as vu cette année, non&#8230; ?<br />
– &#8230;Allô&#8230; ? Allô.. ? Je capte super mal, là&#8230; Je suis chez des amis et y a pas de réseau&#8230;<br />
– Guillaume, j&rsquo;appelle sur ton fixe, là. Chez toi.<br />
– &#8230;Ah, d&rsquo;accord, je me rappelle maintenant ! Tu vas jamais me croire&#8230; En fait, j&rsquo;avais écrit un super texte mais le chien de ma grand-mère a mangé ma clef USB, et&#8230;<br />
– Pffff&#8230; N&rsquo;importe quoi !<br />
– Je te jure ! Sur la tête de mes futurs enfants. Et comme j&rsquo;avais pas fait de sauvegarde&#8230; La tuile, quoi !<br />
– Et ton bilan de l&rsquo;année dernière, tu vas me dire qu&rsquo;il était sur la même clef, c&rsquo;est ça ?<br />
– Euh&#8230; oui, exactement, il était sur la même clef&#8230; que le chien-chien à ma mamie a mangé&#8230; C&rsquo;est con, hein ? Et toi, ton bilan de l&rsquo;année, il en est où&#8230; ?<br />
– Au moins je n&rsquo;ai rien promis à nos fidèle lecteurs, moi&#8230; Sérieusement, ça serait pas mal que tu nous pondes un article avant l&rsquo;été. J&rsquo;en ai marre de bosser tout seul, moi !<br />
– T&rsquo;inquiète, j&rsquo;ai un truc du tonnerre sur le feu. Une analyse au cordeau. Et j&rsquo;y dissèque non pas un, ni deux mais trois films ! Des films que j&rsquo;ai presque tous aimé en plus ! Houlà, c&rsquo;est qui commence à se faire tard ; faut que j&rsquo;y vais, moi. D&rsquo;ailleurs, j&rsquo;ai plus de pièces&#8230;<br />
– Plus de p&#8230; Mais c&rsquo;est moi qui t&rsquo;appelle, espèce de&#8230; »</p>
<p><em>(tut&#8230;tut&#8230;tut&#8230;)</em></p>
<p style="text-align: justify">Donc, le premier film que j&rsquo;ai vu cette année&#8230; Parents, enfants et grands-enfants, ne vous faites plus avoir par les platitudes dysneiènnes et apparentées qui lorgnent sans vergogne vers votre porte-monnaie. Tim Burton et Pixar n&rsquo;en finissent plus de mourir, et Scratt commence à nous les briser menu à courir après ses noisettes. Chez nous aussi ça commence devenir agaçant, entre les promesses déçues de Folimage et les copies carbones des <em>américaniaiseries</em> sus-citées. Heureusement, une poignée d&rsquo;auteurs s&rsquo;est dit que ça serait pas mal de revenir aux bases, comme les livres pour enfants par exemple. Alors que le cœur de cible de l&rsquo;animation <em>mainstream</em> reste désespérément les parents, ils proposent des films destinés avant tout aux enfants mais qui, par leurs qualités et leurs propos, séduisent sans difficulté les adultes. Dernier exemple en date, <i>Ernest et Célestine</i> de Benjamin Renner, Stéphane Aubier et Vincent Patar,<b> </b>basé sur les travaux de Gabrielle Vincent. Alors oui, je sais, c&rsquo;est un peu tard pour le découvrir en salle mais le DVD devrait montrer le bout de ses moustaches dans une dizaine de jours. Jetez-vous dessus, c&rsquo;est d&rsquo;une beauté et d&rsquo;une intelligence rares.<br />
Pour le bilan, fichtre&#8230; Déjà, j&rsquo;ai raté un nombre impressionnant de films majeurs, ce qui réduit les possibles. Ajoutons à cela une cuvée 2012 franchement moyenne, surtout si on la compare à la précédente. Pas de coup de cœur indiscutable, mais quelques fulgurances tout de même. Le mélancolique <i>Oslo, 31 août</i> de Joachim Trier par exemple, dont la magistrale séquence du bar n&rsquo;a pas fini de me hanter. Ou l&rsquo;improbable <i>Faust</i> d&rsquo;Alexandre Sokourov, découvert à 10 heures du matin pendant la fête du cinéma et qui me laissa une étrange impression de jouissance cinéphile, de couleurs chatoyantes et de virtuosité. Encore plus déstabilisant, mais d&rsquo;une beauté et d&rsquo;un jusqu’au-boutisme qui forcent le respect, <i>Ulysse, souviens-toi </i>! de<i> </i>Guy Maddin avec Jason Patric – l&rsquo;acteur le plus improbable de la terre vu qu&rsquo;il s&rsquo;est fait connaître en remplaçant Keanu Reeves dans inénarrable <i>Speed 2</i> ! Et puis, forcément, <i>Moonrise Kingdom</i> de Wes Anderson, que j&rsquo;évoquais en détail <a href="http://enrevenantducinema.fr/2012/05/26/moonrise-kingdom-de-wes-anderson/">ici</a>. Pas forcément le meilleur film de son auteur, mais quel plaisir de retrouver sa simplicité, son univers et l&rsquo;émotion qui en découle. Et pour Bruce Willis dans un rôle à la mesure de son immense talent, hélas gâché à force de facilité hollywoodienne.<br />
Voilà, une nouvelle année commence (<i>rires</i>), pleine de promesses et d&rsquo;envies. Mes bonnes résolutions seront d&rsquo;une simplicité désarmante : essayer d&rsquo;aller au cinéma aussi souvent que possible, parce que la plupart des films ne pourront jamais vraiment exister en dehors de l&rsquo;écrin magique d&rsquo;une salle obscure. Retrouver le plaisir des bonnes séries télé aussi, et essayer d&rsquo;en parler un peu plus. Et oui Baptiste, je vais essayer d&rsquo;écrire plus régulièrement, et&#8230; Bon, d&rsquo;accord, j&rsquo;arrête de faire des promesses que je ne tiendrai pas&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Inch&#8217;Allah d&#8217;Anaïs Barbeau-Lavalette</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Apr 2013 09:38:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Madamour</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Anaïs Barbeau-Lavalette]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma canadien]]></category>
		<category><![CDATA[Elia Suleiman]]></category>
		<category><![CDATA[Evelyne Brochu]]></category>
		<category><![CDATA[Sabrina Ouazani]]></category>
		<category><![CDATA[Sivan Levy]]></category>

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		<description><![CDATA[<strong>Qu&#8217;as-tu vu à Ramallah ?</strong>
<p style="text-align: justify;">Chloé est une médecin canadienne qui travaille à Ramallah et qui habite côté israélien. Elle sympathise avec une jeune militaire israélienne et avec la famille d&#8217;une palestinienne enceinte. Ce début laisse craindre un film qui se résumerait à une sorte d&#8217;ode à l&#8217;amitié entre les peuples, tout le monde devrait s&#8217;aimer et tout serait plus simple, &#8230; <a href="http://enrevenantducinema.fr/2013/04/02/inchallah-danais-barbeau-lavalette/" class="read_more">Lire la suite... </a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2><strong><a href="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/04/inch-allah3.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1523" alt="inch-allah3" src="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/04/inch-allah3.jpg" width="607" height="267" /></a>Qu&rsquo;as-tu vu à Ramallah ?</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Chloé est une médecin canadienne qui travaille à Ramallah et qui habite côté israélien. Elle sympathise avec une jeune militaire israélienne et avec la famille d&rsquo;une palestinienne enceinte. Ce début laisse craindre un film qui se résumerait à une sorte d&rsquo;ode à l&rsquo;amitié entre les peuples, tout le monde devrait s&rsquo;aimer et tout serait plus simple, quelques scènes comme celle du passage du rouge à lèvres vont dans ce sens mais le film est heureusement plus complexe et âpre que ça.<br />
Anaïs Barbeau-Lavalette a la volonté de regarder la situation à la bonne distance, son héroïne, très bien incarnée par Evelyne Brochu est un prolongement de la cinéaste, tout le monde semble lui demander de quel côté elle se trouve (ainsi un personnage lui dit <em>« être de tous les côtés c&rsquo;est comme n&rsquo;être d&rsquo;aucun côté »</em>), ainsi la question de la place d&rsquo;une réalisatrice québécoise sur un territoire étranger en guerre est sans cesse posée. Elle essaie d&rsquo;y répondre de façon honnête, de ne pas être dans une vision juste occidentale, elle se coltine à la violence de l&rsquo;occupation, à ce que signifie concrètement la colonisation, à la violence de la résistance, etc. Elle fait le pari aussi de ne pas être dans le discours ainsi il y a peu de dialogues et d&rsquo;explications et il faut un peu de temps pour comprendre où on est, tout se joue avec des regards, des rapport entre les corps, ce qui est la partie la plus intéressante du film.<br />
Ne pas être dans le discours politique pourrait être une bonne chose sauf que ça finit par donner l&rsquo;impression d&rsquo;une absence de regard. On est confronté à une réalité brute du coup le film ne joue plus que sur la sensation, sur l&rsquo;émotion, sur le visage des enfants, sur un accouchement qui se passe mal à un checkpoint, sur un attentat. L&rsquo;enchaînement des faits devenant alors inéluctable, renforcé par la construction du film en boucle, mais que retient-on ? Qu&rsquo;est-ce qui reste ? Le refus du politique, compréhensible venant d&rsquo;une étrangère au  conflit, devient problématique, puisque la question de ce conflit est avant tout politique.<br />
Elia Suleiman n&rsquo;avait pas à se poser les questions de la même façon en tant que palestinien, il n&rsquo;oubliait pas la politique sans faire de discours et cela parce qu&rsquo;il n&rsquo;oubliait pas le cinéma, et nous reviennent en écho certaines scènes de ses films comme la traversée absurde d&rsquo;un appartement palestinien par une troupe israélienne surarmée dans <em>Chronique d&rsquo;une disparition</em>, en quelques plans de cinéma, il montrait la réalité d&rsquo;une occupation, il ne cherchait pas pour autant à être réaliste. De même dans <em>Intervention divine</em>, avec deux voitures côte à côte et la musique de Natacha Atlas, il disait quelque chose du rapport entre les palestiniens et les israéliens en faisant un travail de metteur en scène et en permettant au spectateur de se projeter.<br />
Dans <em>Inch&rsquo;Allah</em> si quelques plans sur les visages touchent, si la réalisatrice arrive plutôt bien à faire exister les personnages grâce à de bons comédiens, si le plan d&rsquo;enfants courant derrière une voiture israélienne qui vient d&rsquo;écraser un des leurs est assez fort, il manque un point de vue de cinéaste. Anaïs Barbeau-Lavalette se retranche derrière de longs plans séquences caméra à l&rsquo;épaule qui sont là pour faire vrai, pour faire journalisme, ce qui permet de ne pas avoir de vrai regard, de donner l&rsquo;impression de juste témoigner, sauf qu&rsquo;on fait toujours le choix de montrer ceci ou cela. Le style reportage serait le gage d&rsquo;une neutralité mais c&rsquo;est aussi une facilité stylistique.<br />
Comme le dit pourtant le film à différents moments, la neutralité n&rsquo;existe pas, ni d&rsquo;un point vue politique, ni d&rsquo;un point de vue artistique.<br />
<strong><em>Inch&rsquo;Allah</em> d&rsquo;Anaïs Barbeau-Lavalette avec Evelyne Brochu, Sabrina Ouazani, Sivan Levy, Yousef Sweid&#8230; </strong></p>
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		<title>Les Amants passagers de Pedro Almodòvar</title>
		<link>http://enrevenantducinema.fr/2013/03/25/les-amants-passagers-de-pedro-almodovar/</link>
		<comments>http://enrevenantducinema.fr/2013/03/25/les-amants-passagers-de-pedro-almodovar/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 25 Mar 2013 16:51:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Madamour</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Carlos Areces]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma espagnol]]></category>
		<category><![CDATA[Javier Càmara]]></category>
		<category><![CDATA[Lola Dueñas]]></category>
		<category><![CDATA[Pedro Almodóvar]]></category>
		<category><![CDATA[Raùl Arévalo]]></category>

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		<description><![CDATA[<strong>Vivement l&#8217;atterrissage</strong>
<p style="text-align: justify;">Des a-plats de couleurs vives, une musique entraînante, le générique des Amants passagers nous plonge dans la période movida du cinéma d&#8217;Almodòvar. Il revient à ses premiers amours pour participer aux débats qui agitent son pays en crise. Ce film semble avoir été tourné avec la nécessité de réagir à la situation politique et sociale espagnole.
Les métaphores &#8230; <a href="http://enrevenantducinema.fr/2013/03/25/les-amants-passagers-de-pedro-almodovar/" class="read_more">Lire la suite... </a></p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify;"><strong><a href="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/03/lesamantspassagers3.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1526" alt="lesamantspassagers3" src="http://enrevenantducinema.fr/wp-content/uploads/2013/03/lesamantspassagers3.jpg" width="867" height="542" /></a>Vivement l&rsquo;atterrissage</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Des a-plats de couleurs vives, une musique entraînante, le générique des<em> Amants passagers</em> nous plonge dans la période movida du cinéma d&rsquo;Almodòvar. Il revient à ses premiers amours pour participer aux débats qui agitent son pays en crise. Ce film semble avoir été tourné avec la nécessité de réagir à la situation politique et sociale espagnole.<br />
Les métaphores sont claires, entre les passagers de la classe économique qui somnolent drogués par les membres de l&rsquo;équipage comme le peuple qu&rsquo;on a trop longtemps endormis, l&rsquo;avion qui ne peut se poser comme image de l&rsquo;Espagne, la dominatrice qui dit avoir des vidéos compromettantes de tous les puissants du pays, l&rsquo;homme qui travaille comme conseiller en sécurité mais qui est aussi tueur à gage (comme le dit un passager, <em>« c&rsquo;est toujours comme ça »</em>) jusqu&rsquo;à ce héros, Joserra, qui ne peut s&rsquo;empêcher de tout répéter qui pourrait être un double du cinéaste avec cette idée qu&rsquo;on ne peut plus rien cacher, que tout est visible, que le roi est nu. La charge est féroce et souvent drôle.<br />
L&rsquo;ensemble se veut joyeux et c&rsquo;est réjouissant de voir ces personnages qui à l&rsquo;annonce de la catastrophe, se drogue encore plus, baise les uns avec les autres, dans un élan libertaire libérateur, une ode à l&rsquo;amour libre, à toutes les sexualités, ce n&rsquo;est pas parce que la situation est pourrie, que la fin est proche qu&rsquo;on va cesser de vivre et de profiter de la vie et de ses vices. Cette façon d&rsquo;être à la fois critique tout en refusant de se laisser à la déprime est plutôt bienvenue.<br />
Tout est là pour qu&rsquo;on applaudisse.<br />
Mais cette joie paraît forcée. La mise en scène est souvent volontariste, essaie de créer du mouvement, du délire mais l&rsquo;ensemble manque de rythme, on sent que le film a été fait en vitesse et Almodòvar paraît ne pas trop savoir quoi faire dans cette avion, son style est bridé, le huis-clos semble l&rsquo;étouffer, du coup il ne fait qu&rsquo;illustrer des dialogues enlevés, on a parfois l&rsquo;impression d&rsquo;assister à une retransmission de café théâtre. Quelques scènes sont mêmes totalement ratées comme celle, tire-larmes, où Norma pousse au rapprochement entre un père et sa fille. Le cinéaste cherche à retrouver son premier cinéma, fait à l&rsquo;arrache, provocant et sexuel, mais d&rsquo;un côté cet aspect de libération sexuelle, même si toujours nécessaire, n&rsquo;a plus la même force provocante qu&rsquo;à la sortie du franquisme, d&rsquo;un autre côté, on sait aujourd&rsquo;hui ce dont est capable ce cinéaste. On sait qu&rsquo;il peut être un très grand styliste, en quelques plans à l’extérieur il nous le rappelle, en filmant une femme prête à sauter d&rsquo;un pont qui reçoit un appel téléphonique de son amant, il nous montre que par sa seule mise en scène, il peut créer une situation troublante, poétique et dramatique dans le même mouvement.<br />
Le clin d’œil du début est, à cet égard, cruel, en filmant quelques minutes Penélope Cruz et Antonio Banderas provoquant l&rsquo;avarie dont sera victime l&rsquo;avion avant de disparaître de l&rsquo;histoire, il filme ses acteurs fétiches et on ne peut s&rsquo;empêcher de penser à d&rsquo;autres œuvres du cinéaste. On ne peut s&rsquo;empêcher de se souvenir des plans magnifiques des <em>Étreintes brisées</em>, par exemple ceux où le personnage puissamment incarné par Penélope Cruz baise avec son vieux mari sous un drap blanc qui les recouvre entièrement avant d&rsquo;aller vomir dans les toilettes, on ne peut s&rsquo;empêcher de se souvenir que ce cinéaste a tourné des films majeurs comme ces <em>Étreintes brisées</em>, <em>En Chair et en os</em> ou <em>La Mauvaise éducation</em> qui volaient tellement au-dessus de ces <em>Amants passagers</em>.<br />
Mais peut-être que le fond du film est là, dans cette incapacité, ainsi cette danse des stewards sur <em>I&rsquo;m so excited</em>, qui semble devoir être une sorte d&rsquo;acmé du film, et qui fait clip surjoué, là pour faire plaisir aux spectateurs. Comme le dit ensuite le héros dans un aveu d&rsquo;impuissance, avant ça marchait, aujourd&rsquo;hui ça ne marche plus, on ne peut plus distraire la masse ainsi. De même que ces plans simples et beaux à la fin du film sur cet aéroport désert nous rappelle que les choses ne sont pas aussi roses, dommage qu&rsquo;Almodòvar n&rsquo;ait pas suivi cette piste plus sombre qui lui va mieux, dommage qu&rsquo;il ait oublié son cinéma en s&rsquo;enfermant dans cette avion.<br />
<strong><em>Les Amants passagers (Los amantes passajero)</em> de Pedro Almodòvar, </strong><strong>Espagne, </strong><strong>2013 avec Javier Càmara, Carlos Areces, Raùl Arévalo, Lola Dueñas&#8230;</strong></p>
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